DomotiquePiscine connectée

La piscine est là. Voici ce que ces deux semaines ont vraiment donné.

Wahou.

C’est le mot qui m’est venu quand j’ai vu la coque descendre lentement au bout de la grue, au-dessus du trou. Le 19 mars, je signais un devis. Le 6 juillet, une équipe déposait ma piscine dans mon jardin. Le positionnement définitif a pris une vingtaine de minutes.

Entre les deux, presque quatre mois d’attente, de questions posées trop tard (j’en ai fait un article), de checklists dressées après coup, et pas mal d’impatience. Puis d’un coup, tout est allé très vite.

J’écris ces lignes une dizaine de jours après la mise en eau. La piscine est remplie, les margelles sont posées, le local technique est monté. Il reste du travail autour, le mur de clôture est en cours et la plage reste à faire, mais l’essentiel est là. Je voulais poser le récit avant d’oublier les détails.

Coque de piscine polyester sur le camion de livraison
6 juillet au matin, la coque arrive.

Le calendrier a été tenu. Presque.

Le planning annoncé par mon pisciniste a été respecté au jour près, à une exception.

Le traçage a eu lieu le 29 juin, comme prévu. Le terrassement a démarré le 2 juillet, et c’est là qu’est arrivé le seul vrai imprévu du chantier, sur lequel je reviens plus bas. Résultat : une journée complète de terrassement plus la matinée du 3, au lieu de la demi-journée envisagée.

Fouille terminée avant la pose de la coque de piscine
Le trou prêt à recevoir la coque, après un terrassement plus long que prévu.

Ensuite, tout s’est enchaîné à un rythme que je n’avais pas anticipé. Le 6 juillet, la coque est arrivée sur camion. Pose dans le trou : 20 minutes. Vingt minutes de grutage précis, et un projet sur papier devenait un objet dans mon jardin. Dans la même journée : mise en place du local technique, début du remblaiement au gravier fin (le fameux grain de riz), et lancement de la mise en eau. Le remplissage a pris une dizaine d’heures. Je m’attendais à beaucoup plus long.

Mise en eau de la piscine coque en cours
La mise en eau, lancée dans la foulée de la pose. Une dizaine d’heures au total.

Le 7 juillet, l’équipe a coulé la ceinture béton autour du bassin. Le 8, les margelles étaient posées.

Sept étapes en dix jours, une seule dérive de planning. Pour quelqu’un qui prépare son projet et se demande combien de temps dure réellement un chantier de piscine coque : voilà des chiffres vécus, pas des promesses commerciales.

Remblaiement au gravier fin autour de la coque de piscine
Le remblaiement au grain de riz, dans la même journée que la pose.

Trois choses qui m’ont marqué

Le moment où la coque vide change tout

Il y a un instant que je n’avais pas anticipé et qui m’a marqué plus que le reste : celui où la coque est posée dans le trou, mais où rien n’est encore fait autour. Pas de remblai, pas d’eau, pas de margelles. Juste une forme creuse au milieu des gravats.

C’est à ce moment précis que le rendu final commence à se dessiner. Tu te demandes si tu as fait le bon choix de dimensions. Si la couleur se fond dans le paysage comme tu l’imaginais. Si l’orientation par rapport à la maison est la bonne. Toutes ces décisions prises sur plan redeviennent des questions, parce que cette fois la chose est là, en vrai, et qu’il est trop tard pour changer quoi que ce soit.

Une fois l’eau dedans et les margelles posées, tu vois une piscine finie et tout paraît évident. Mais entre les deux, il y a cette fenêtre où ce n’est ni un projet ni un objet terminé. C’est probablement là qu’on ressent le plus fort que le choix engage.

La fosse septique que personne n’avait vue

Le seul vrai imprévu du chantier m’a coûté une demi-journée de terrassement et un surcoût.

En creusant, l’équipe est tombée sur une ancienne fosse septique en béton vibré, enterrée sous la terrasse, invisible depuis la surface. Pour la casser, il a fallu faire venir un brise-roche hydraulique. Le devis le prévoyait noir sur blanc : en cas de nécessité d’un BRH, facturation en supplément. Donc pas de surprise sur le principe. Mais un coût qui s’ajoute quand même.

Ce que je n’ai pas encore, c’est le montant de l’évacuation des terres en déchèterie. Là aussi, le devis mentionne une facturation à la tonne, qui dépend de ce qui est évacué. Avec une fosse en béton en plus de la terre, ça va peser.

La leçon pour ceux qui préparent leur projet : quand vous comparez des devis, distinguez ce qui est chiffré ferme de ce qui est indexé sur les conditions de terrain. Ce que je vais payer n’est pas plus cher que ce qui était écrit. Mais c’est plus cher que ce que j’avais en tête. Ce n’est pas la même chose.

Terrassement de la piscine en cours avec engin de chantier
Le terrassement, rallongé par une fosse septique en béton vibré que personne n’avait vue venir.

Le local technique livré abîmé, et l’impossibilité de le refuser

Autre chose que je n’avais pas vue venir : la logistique de ce qui gravite autour du chantier.

Mon local technique, celui qui abrite la pompe, la filtration et le coffret, je l’avais commandé chez Leroy Merlin le 31 mai. C’était le dernier en stock. Je suis allé le chercher le 27 juin, la veille de sa pose. Le carton avait pris l’eau, l’emballage était très abîmé. Au déballage : un coin plastique cassé, le décor de finition marqué.

Refuser la livraison ? Impossible sans décaler la pose du local, et donc tout l’enchaînement du chantier. Demander un échange ? Impossible aussi : un mois après ma commande, c’était toujours le seul exemplaire en stock.

J’ai envoyé un mail au responsable de rayon le 9 juillet. Il était en vacances jusqu’au 12. Relance le 13. Toujours pas de réponse à l’heure où j’écris.

Mise à jour du 20 juillet : le responsable de rayon m’a recontacté et m’a proposé une carte cadeau en geste commercial. Proposition correcte, dossier clos. Comme quoi, un mail poli et une relance finissent par aboutir.

La leçon : le chantier piscine lui-même était carré, mais tout ce que vous achetez à côté (local, équipements, accessoires) a sa propre logistique et ses propres surprises. Prévoyez de la marge, et vérifiez l’état des colis avant le jour J.

 Local technique de piscine monté à côté du bassin
Le local technique en place. Monté le lendemain de sa récupération, coin cassé compris.

Et maintenant, la partie qui m’intéresse vraiment : le connecté

La piscine est en eau. Pour GeekLabo, c’est maintenant que le vrai sujet commence : la connectivité et l’intégration à ma domotique Home Assistant.

Ce qui est déjà en place. L’électrolyseur est un Minisalt Connect de Pool Technologie (un upgrade validé fin mai, 400 € de plus que le modèle de base prévu au devis). Il est installé et fonctionne. L’application e-Pool est sur mon téléphone : j’accède au taux de sel et à la température en Bluetooth, quand je suis à proximité du local. Côté pH, changement de dernière minute : à la place du régulateur initialement prévu, mon pisciniste a négocié un AstraPool FreePH connecté. Il remonte le taux de pH en temps réel, gère la programmation et garde l’historique, via l’application MaPiscine. Sa connexion se fait en Wi-Fi Direct, ce qui a des implications sur lesquelles je reviendrai.

Bilan à ce stade : deux équipements connectés, deux applications séparées, aucun écosystème unifié. Le local technique fait propre, mais mon téléphone commence à ressembler à un tiroir à télécommandes.

Intérieur du local technique avec pompe de filtration, électrolyseur Minisalt Connect et régulateur de pH
L’intérieur du local : filtration, Minisalt Connect, AstraPool FreePH. Ça fait propre.

Ce qui reste en question. J’avais envisagé d’ajouter un Pool Command et sa passerelle LR-MB-POOL (Pool Technologie) pour piloter automatiquement la pompe de filtration monovitesse et faire remonter toutes les données dans le cloud MyIndygo. Je ne les ai pas commandés. Je préfère d’abord étudier ce que le matériel en place me permet réellement de faire, et ce qui me manque vraiment à l’usage.

Sur Home Assistant. Il existe une intégration communautaire, FunFR/ha-indygo-pool, qui fait remonter les données MyIndygo dans Home Assistant. Elle n’est pas officielle : elle fonctionne en allant lire le site myindygo.com, ce qui la rend fragile par nature. J’ai contacté MyIndygo fin mai, en tant que développeur, pour connaître leur position officielle sur ce type d’intégration et l’éventualité d’une API publique. Sept semaines plus tard : aucune réponse.

Et le robot. J’ai récupéré un Aiper Scuba S1 d’occasion auprès d’un collègue. Il a fait son premier lavage dans la piscine. C’est une version 2024, non connectée. Et honnêtement, ça m’a amené à me poser une question que je creuserai dans un prochain article : à quoi sert vraiment la connectivité d’un robot piscine, sachant qu’il faut le porter jusqu’à l’eau et que le Bluetooth ne passe pas sous la surface ? J’ai un doute sérieux sur la réponse.

Les prochains articles sortiront à mesure que je teste, que je démêle et que je documente. Il y a de la matière.

Piscine en eau avec mur de clôture en cours de construction et plage à aménager
Aujourd’hui : la piscine tourne, le mur avance, la plage attend. Le chantier continue.

Si vous êtes en plein projet piscine, ou si vous avez déjà vécu ces étapes, je suis preneur de vos retours en commentaires.

Guillaume JEUDY

Je suis de ceux pour qui l'informatique n'est pas un métier, c'est une vocation. Tout a commencé avec un Commodore 64, et depuis je n'ai jamais cessé de suivre chaque évolution technologique, de creuser ce qui m'intrigue et de partager ce que je comprends. Fondateur et rédacteur de GeekLabo.fr, j'ai créé ce site pour les passionnés de tech et de culture geek. Mon terrain de jeu : la domotique, les nouvelles technologies et les jeux vidéo, une passion aussi ancienne que mon premier joystick. Avec GeekLabo, je ne me contente pas de suivre l'actu tech. Je l'explore, je la teste, je la partage. Avec la rigueur d'un pro et la curiosité d'un geek qui n'a jamais grandi. 🕹️

2 commentaires

    1. Merci pour l’article,
      J’étais plutôt parti sur l’idée d’utiliser une passerelle LR‑MB‑POOL. Chez mon fournisseur, il n’y en avait pas en stock / au catalogue.

      Comme je l’explique dans l’article, je me suis posé les bonnes questions un peu trop tard, après avoir validé le devis. C’est aussi pour ça que je partage mon expérience : pour que d’autres puissent anticiper ces points avant de signer.

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